Pastorale américaine - Philip Roth

28 août 2018, Commentaires 1

PASTORALEPastorale américaine – Philip Roth (traduction de Josée Kamoun)
Avis littéraire : Marie Jo Cardineau

« Enfant terrible » du roman juif américain Philip Roth se lance à partir de ce roman « Pastorale américaine » dans les grands moments de l’histoire américaine de l’immigration des juifs originaires de l’Europe de l’Est. Il décrit avec réalisme et ironie souvent ce que fut l’intégration de ces personnes qui ont beaucoup travaillé pour s’implanter durablement et faire souche.

La famille de Seymour dit le « Suédois » à réussi à construire une fabrique de gants qui s’est développée, a employé du personnel très compétent et su faire reconnaître la qualité de son travail. Bref une belle réussite économique.  La deuxième génération a pu accéder à un niveau supérieur grâce aux études dans des université de renom ; mais là, les choses se gâtent petit à petit : le fils appelé le « Suédois « du fait de sa stature de sportif de haut niveau et compétiteur de grande classe, et de la blondeur de cheveux a transgressé la tradition familiale et religieuse en épousant une femme non juive, une « Goye » de surcroît « Miss de beauté ». Ils ont une fille Merry qui en tant que troisième génération et issue d’une union mixte a mis à distance toutes les valeurs de sa famille et entre littéralement en opposition en se radicalisant. Et là j’ai trouvé le roman passionnant de vérité, de justesse et tellement actuel.

Dans cet ouvrage très dense, écrit et publié dans les années 1993, avant les attentats du World Trade Center, Philip Roth fait preuve d’une clairvoyance effrayante. Tout est dit : le poids de l’histoire et de l’héritage, la question de l’identité américaine, les tumultes de la sexualité, la psychologie masculine face à l’amour, à l’affaissement des corps, à la mort. Le judaïsme.

Le roman est écrit dans un style réaliste   Le personnage de Seymour quasi obsessionnel, homme blessé, nous entraîne dans ses questions à n’en plus finir, il mène le lecteur dans les méandres de l’histoire et de la mémoire du « rêve américain » à l’« apocalypse »,  de la toute puissance à la peur, de la fierté à la honte.

Un excellent roman qui permet de mieux appréhender la littérature américaine.

Une réponse sur “Pastorale américaine – Philip Roth

  1. cardineau guy dit :

    Oui, un bon roman mais avec tout de même une « overdose » de description qui n’apporte plus grand chose « au fond » du roman. La fresque est impressionnante mais ce qui m’interroge le plus c’est moins le déclin de l’Amérique, des bourgeois, de la famille, etc. que la question soulevée : que connait-on de soi-même? que connait-on de l’autre, des autres? A quel moment? pour combien de temps? La réponse est désespérément rien malgré l’amour parental, l’amour du conjoint, des enfants, la réussite sociale et professionnelle. Alors que signifie un projet amoureux, éducatif, social, etc. ? Quelque chose de très aléatoire ……

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