EDITO JUIN 2017

25 mai 2017, Commentaires 5

2017-06-EDITO MMEditorial

Quelle valeur accorder du roman historique ? Les relations entre histoire et fiction sont constamment à réinterroger. La ligne de partage entre une discipline dont la finalité est la connaissance du passé et les œuvres d’imagination s’appuyant sur l’histoire est plus flottante qu’il n’y paraît.

La compétition entre le récit romanesque et le récit historique, pour dire le vrai d’une époque passent certes par des filtrent bien différents. Mais, le roman peut suppléer à l’histoire lorsque celle-ci, trop complexe, échoue à exprimer les événements antérieurs. L’historien n’est pas un homme libre, il se doit d’être le plus exact possible par rapport aux faits, aux personnages. Il transcrit fidèlement, sans fioriture, ce qu’il extrait des documents. Impossible pour lui de manipuler. Bien que certains semblent vouloir déplacer les frontières en tentant de reconstituer et poussent parfois le bouchon jusqu’à la déduction, mais avec précaution.

L’écrivain n’est pas soumis à ces contraintes. Quand il s’empare de l’histoire, au plaisir des mots, il ajoute celui d’une restitution dynamique, riche en images, en chevauchées et en complots. Il captive en éclairant le passé, l’apprivoise pour le rendre audible. Le révolu resurgit de ses cendres, vivant, tangible, palpite d’une fraîcheur inattendue et gagne même en éclat. Pour redorer le blason de l’histoire, souvent vécue comme un pensum, ajoutons un délice supplétif, celui du roman historique !

5 réponses sur “EDITO JUIN 2017

  1. Jacques Lavillette dit :

    Bravo pour la part de l’écrivain. La plume qui nous raconte sa liberté est si légère et agile qu’elle nous affranchit en toute confiance des lois de la gravité.
    Celle de l’historien, plus austère me paraît en revanche bien confiante. L’historien voit l’histoire par le prisme de son temps et de sa vision. Il y a autant d’interprétations d’un fait que de documents qui prétendent le restituer dans sa réalité objective. Dans un univers gouverné par la relativité, le temps, l’espace et la vérité ne sont assurément qu’illusions.

  2. René Manzor dit :

    Merci pour cette très belle analyse, Monique Molière. L’historien pense « je sais », le romancier « je crois ». La fiction, comme la foi, se nourrit du doute. Quand on dit « je crois », c’est bien qu’on n’est pas sûr. Cordialement. René Manzor

  3. Zahia dit :

    L’historien nous interroge, nous invite à nous interroger, sur notre présent en nous restituant le passé. Le romancier, je pense, est là pour nous en extraire, nous permet de dépasser ce qui est passé et de nous évader de ce présent. Merci Monique.
    Vivement un moment de libre pour vous lire.
    Zahia

  4. Moliere dit :

    Merci beaucoup

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